Le « littering » au Luxembourg

Etat des lieux

Selon l’Administration de l’environnement, les services de nettoyage des communes collectent chaque année 1,6 kg par habitant de déchets sauvages. En 2015, 103 kg de déchets sauvages (contre 89 kg en 2008) ont été ramassés, en moyenne par km, le long des routes nationales, et 216 kg le long des autoroutes (contre 309 kg en 2008).

Les produits jetables, les emballages à usage unique ainsi que des plats préparés et préemballés (convenience food) sont de plus en plus utilisés. Surtout le long des routes et des sentiers pédestres, aux places ou terrains de sport ou dans les parcs, la tentation d’une élimination rapide de déchets est omniprésente. De même pendant les fêtes, les festivals et les concerts, beaucoup d’ordures finissent par terre.

La moitié des actes de littering se font à quelques mètres d’une poubelle non pleine. Les mégots de cigarettes, les emballages vides (p.ex. : canettes et emballages fast-food) et des chewing-gums comptent parmi les articles les plus abandonnés ou jetés. Le phénomène du littering concerne la société dans son intégralité indépendamment de l’âge, du sexe ou de la situation privée de la personne.

Impact pour l’environnement

Le littering a un impact non seulement sur l’aspect visuel d’une ville ou du paysage naturel, mais il engendre aussi de nombreux problèmes tels que :

  • Ces déchets présentent un risque d’ingestion ou d’étouffement pour les animaux et notamment pour le bétail ;
  • Les déchets en plastique se dégradent en micro-plastiques (<5mm). Ces micro-plastiques sont emportés par les fleuves jusqu’à la mer. Ils sont ingérés par la faune maritime et par conséquent les êtres humains qui consomment poissons et crustacés. Selon une étude, les animaux qui trouvent leur nourriture exclusivement dans les océans, ingèrent environ 6 tonnes de micro-plastiques par an.  Les micro-plastiques nuisent gravement à la santé humaine et animale.
  • Il est estimé que 100 à 142 millions de tonnes de déchets se retrouvent actuellement dans les océans. Jusqu’à 80% de cette pollution marine provient des régions terrestres à travers les canaux d’eau usées et les fleuves.

Coût du littering

Le littering entraîne des coûts directs en termes de nettoyage auprès du secteur public qui sont alors reportés sur les citoyens via les impôts. Au Luxembourg, ces coûts sont calculés à 1,2 million d’euros par an pour le nettoyage le long des routes étatiques par l’Administration des Ponts et Chaussées. Les actions de nettoyage communales et privées ne sont pas prises en compte dans ces calculs. Le coût incombé au secteur communal peut également être estimé à environ 1,2 million d’euros par an.

Un acte illégal

Selon le règlement grand-ducal du 18 décembre 2015 en exécution de la loi relative aux déchets, l’action de jeter ou d’abandonner un déchet (mégots, chewing-gum, emballages vides…) dans la nature est illégale et peut donner lieu à un avertissement taxé (AT) qui peut être de 49€ à 250€.

Plus d’informations sur le site de l’Administration de l’environnement : http://www.environnement.public.lu/actualites/2017/07/05_littering/index.html